Notre vie dans 6 malles métalliques
Le déménagement de nos malles a été une histoire pleines d'angoisses, de doutes, de questions et d'argent. Mais tout s'est bien passé. Quoique je savais que nous ne serions tranquilles que le jour où nos cantines métalliques seraient chez mes parents.
Avant le transfert, il fallait connaître le monde du déménagement international. Un monde à part entière qui n'a d'évident que le nom. Des choix draconiens à prendre et des budgets à respecter. Et en plus, il faut le savoir, rien n'est évident avec l'Argentine!
Pour des raisons purement financières, nous avons choisi le fret aérien. Nous avons travaillé avec Bagages du Monde. Nous avons donc commencé à entendre les mots extraterrestres de voucher, douanes, franchise, fret, packing list, export, etc… Après avoir rempli des pages et des pages de tous nos objets spécifiés, quantifiés et estimés que nous avons dû, après coup, traduire en espagnol, nous avons amené nos malles à Mérignac pour être transporté à Roissy Charles de Gaulle. Et à un certain moment, elles prendraient la route (les airs plutôt) pour traverser l'océan atlantique.
Nous avons payé la totalité du service et nous avons fait confiance. On avait pas le choix!
Le transport était arrangé mais il fallait encore résoudre les questions douanières. N'importe quel pays du monde a des lois spécifiques sur l'introduction d'objets et l'Argentine aussi bien sûr! Selon des sources informées, un simple document du Consulat argentin en France attestant ma résidence en France depuis 2008 suffisait. Mais comme je le disait auparavant, quand on parle de l'Argentine, rien n'est simple! Donc j'ai dû faire de la magie (parler des heures au téléphone t envoyer pleins de mails) car ils étaient convaincus que mon "visa" argentin n'avait plus de validité. Cependant, ils étaient dans le faux donc quelques jours avant de partir j'ai réussi à avoir ce sésame.
A cause d'un mail de Bagages du Monde qui est passé directement dans les Spams, nous n'avons su que le jour même que nos malles étaient déjà arrivées! Un peu de stress et d'angoisse plus tard, nous avons appelé l'entreprise en charge du transport c'est-à-dire Lan Cargo et là nous avons eu une petite énorme peur.
En effet, je leur demande pour nos biens personnels et mon interlocutrice demande autour d'elle et elle me réponds rapidement qu'effectivement tout était bien arrivé et qu'on les avait retiré ce matin même. QUOI!?!? Frayeur, pour ne pas dire désespoir au téléphone. La demoiselle me demande un instant et fait des recherches plus approfondies. Après quelques instants, elle rectifie ses informations. OUFF!! Nos malles sont bien là, à Cordoba, mais on ne peut les retirer que demain car elles sont au dépôt fiscal qui a fermé ses portes il y a une petite heure.
Comme d'hab'! Il faudra attendre le jour suivant.
Le lendemain, on va chez Lan Cargo, à côté de l'aéroport de Cordoba. Il nous font payer une somme supplémentaire (ô surprise pour nous) mais nous devons attendre car leur système informatique est tombé. Ils nous conseillent aimablement d'aller au dépôt fiscal pendant ce temps pour se renseigner sur la démarche à suivre. Les agents du fisc devraient être là car leur journée commence à 9hs. Cependant, ils ne sont toujours pas là. Il n'est que 9:30! (ô surprise!).
On retourne à Lan Cargo qui a finalement réussi à facturer notre dossier et ce n'est qu'une heure plus tard que les douanes seront ouvertes. Ils nous informent que nous devons aller au centre-ville dans le bureau central pour faire valider notre "import". Après 45 minutes de bouchons, nous arrivons rue Buenos Aires n°150 et nous allons au bureau des registres de je ne sais quoi.
Un gentil monsieur nous reçoit mais une dame aux airs méchants vient poser des questions. On se rend compte que c'est la chef du secteur. Elle a un air sévère. Elle nous demande le passeport et regarde la présence d'un tampon qui n'était pas là. J'ai a nouveau peur. En effet, à notre entrée dans le pays, il fallait notifier l'arrivée de bagages non accompagnés ce que nous n'avons pas fait car nous n'étions pas du tout au courant. Là, le stress revient et je fais appel à la débrouille latino-américaine.
Je demande pour le frère de ma tante Tere. Il est responsable de secteur lui aussi. Il peut nous aider. Peut-être. Il arrive quelques secondes plus tard. Il dit que je suis sa nièce. Pas exactement vrai mais pas si faux non plus. Il explique. Il regarde. Il aide. Il discute. Et les papiers dont j'avais besoin sont dans mes mais quelques minutes plus tard. Oufff!!! Soulagement de grande taille. Nous pouvons récupérer nos malles et ce, sans payer quoique ce soit car je rentre des biens personnels après un long séjour à l'étranger.
Nous voilà reparti à nouveau pour 45 minutes de bouchons pour revenir à côté de l'aéroport. Il est 11.30 du matin. l fait beau, il fait presque chaud. On arrive à caser trois malles dans le Ford Ecosport de mon père. On pense faire l'aller-retour vu que mes parents ne vivent pas loin de là mais les employés du dépôt nous conseillent de revenir après le déjeuner car les douanes auront fermé les portes durant la pause. On accepte, on a quand même pas trop le choix. Mais à mi-chemin, je me souviens qu'il ne faut pas trop faire confiance et que nous avions déjà signé pour les malles. Tout d'un coup, je me suis vu angoissée par la possibilité de que nos malles disparaissent sans la moindre possibilité de réclamer. Je me suis fait un sang d'encre pendant la petite heure du déjeuner. Je n'avais plus confiance et craignais le pire. De toutes les manières, la chose était faite et il fallait supposer qu'il existe encore des gens honnêtes. Vers 14 heures, on retourne au dépôt et les voilà, les employés et nos malles qui nous attendent gentiment. Il y a encore des gens honnêtes et même très sympas car ils n'ont pas hésité à nous aider et à discuter avec nous. On est reparti avec les trois dernières malles qui sont chez mes parents et attendent patiemment notre prochaine demeure. La maison définitive.
On y est arrivé! Et je me suis rendue compte de la gentillesse de certaines personnes et que le système argentin n'est pas évident mais pas impossible non plus. Il ne faut pas exagérer! Monsieur S n'a tardé que quelques secondes pour ouvrir sa caisse pleines d'outils et depuis, il en profite sans modération.
/image%2F0123560%2F201209%2Fob_241575651b5bffcc3ee7a69aaa5e1a62_img-20120827-093348.jpg)
/image%2F0123560%2F201209%2Fob_274cdcae0e54b263ebfc5c7ef7171f0a_img-20120827-093421.jpg)
/image%2F0123560%2F201209%2Fob_22ed423f581dc9f7dea495740baca324_img-20120827-093433.jpg)
/image%2F0123560%2F201209%2Fob_8cb7163cba5c2ae39fe54537bd5f1e22_img-20120827-093443.jpg)